Siège d’un gouvernement particulier avec un gouverneur et un lieutenant du roi, Château-du-Loir était avant 1789 le chef-lieu d’une Sénéchaussée qui étendait sa juridiction sur 78 paroisses, d'une élection d’où dépendaient 83 paroisses, d’une maîtrise des eaux, grenier à sel, recette des tailles, entrepôt de tabac qui en faisaient une des villes les plus importantes de la province du Maine.
Cette importance était due surtout à sa situation géographique qui lui valut d’être victime de la rivalité des couronnes de France et d’Angleterre.
Quand le dernier seigneur de Château-du-Loir n’eut plus de descendance mâle vers 1095, la châtellenie de Château-du-Loir fut possédée successivement par Geoffroi le Bel dit Plantagenet qui mourut en 1151 et par les rois d’Angleterre dont Geoffroi fut la souche, depuis Henri II jusqu’à Jean sans Terre.
La ville fut reprise par Philippe-Auguste en 1161 et fut donnée à Guillaume des Roches, sénéchal d’Anjou, Maine et Touraine qui, en 1219 fonda l’abbaye de Bonlieu. La reine Bérengère, veuve de Richard Cœur de Lion, à qui Philippe-Auguste avait cédé le Comté du Maine, en échange des possessions qui constituaient son domaine situées en Normandie, céda au sénéchal tous ses droits comme comtesse douairière du Maine, tant à Château-du-Loir que dans la forêt de Bercé.
De succession en succession, Château-du-Loir va plusieurs fois à la Couronne : en mai 1337 à Philippe de Valois qui l’achète 31.000 livres au comte de Dreux et la déclare baronnie " d’aussi bonne condition que le comté du Maine ". Donnée en apanage à Louis 1er, duc d’Anjou, elle est une seconde fois réunie à la couronne sous Louis XI.
La guerre de Cent ans n’épargnera pas la ville fortifiée qui fut pillée et détruite par les Anglais. Au XVIème siècle, Château-du-Loir reprendra un nouvel essor et deviendra un centre important, pour l’époque, de fabrication de toiles, de filatures et de tanneries.
Au moment de la Révolution, Château-du-Loir perdit plus de 50% de sa population.
Le XIXème avec l’apparition du chemin de fer, redonnera une nouvelle activité et permettra aux petites industries et aux artisans de développer leur commerce.
On ne peut parler de l’histoire de Château-du-Loir sans rappeler qu’à la période brillante de la Renaissance les hommes de lettres de la Pléiade s’y rencontraient : Ronsard de Couture, qui fut prieur de Saint Guingalois ( l’église) de 1569 à 1585, Racan de Bueil, les frères Lazarre, Antoine de Baïf de Mangé, Joachim du Bellay et même parfois Peletier Jacques, du Mans. |